BBP#2 Autour Des Plantes

« Les PAMs (Plantes aromatiques et médicinales) permettent de faire le lien entre santé, environnement et agriculture biologique. »

Je suis partie à la rencontre de Sylvain et Antoine, deux passionnés par les « PAMs » comme ils disent ! Ils sont producteurs de plantes aromatiques et médicinales et ont créé en 2012 l’entreprise Autour des Plantes, qui propose une gamme de tisanes et d’aromates ainsi que des cosmétiques. Amoureux de l’environnement, ils cultivent leurs plantes de manière raisonnée et biologique sur les terres du Domaine de Malaguet à Migné-Auxances. Je vous conseille leurs produits !

Raconte-moi l’histoire de ton entreprise ?
Antoine :
Autour des Plantes a été créé en 2012 par Sylvain et moi-même. C’est une activité de production de plantes aromatiques et médicinales (PAM). Nous utilisons les plantes une fois séchées en tisanes, aromates et nous avons aussi une gamme de cosmétiques qui comprend des savons, des baumes, des huiles, des crèmes. Les crèmes sont vouées à disparaitre pour laisser place uniquement aux huiles.

L’idée est partie de l’envie de faire une formation de conseil en phytothérapie (l’utilisation des plantes médicinales) après ma fac de bio à Poitiers. Avec Sylvain, nous étions amis depuis longtemps. Lui, était dans les neurosciences mais ça ne lui plaisait plus et moi, je n’avais pas un boulot très stable et je ne me retrouvais plus dans ce que je faisais. On a donc commencé à se demander si on ne pouvait pas créer une activité autour des PAM. On s’est mis à construire ce projet, chercher un terrain, se former chacun sur des choses spécifiques. Je suis allé à la ferme de Saint-Marthe qui est spécialisée dans le maraichage bio et Sylvain, lui, a fait une formation à la MFR (Maison Familiale et Rurale) de Chauvigny sur la production des PAM et une seconde formation avec un organisme de formation qui s’appelle Savoir-faire et découverte. Il est allé chez Bio Bulle qui est un fabricant de cosmétiques naturels en Dordogne. Nous nous sommes lancés à faire des essais, à trouver des recettes pendant le temps de la création du projet.

En parallèle, nous avons trouvé ce lieu, Le Domaine de Malaguet, qui était un projet porté par une élue de Poitiers et par des associations de Poitiers et Grand-Poitiers. Ils avaient pour objectif de mettre en place du maraichage Bio sur ce site qui n’était plus occupé depuis quelques années. Nous avons donc tout co-construit ensemble.

Qu’est ce qui a motivé l’envie de créer cette entreprise ?
On avait vraiment envie d’avoir du concret. Je m’étais spécialisé en environnement mais c’était très théorique. J’avais besoin d’un retour à la terre. C’est pour ça que le projet m’attirait. Sylvain partageait également ce besoin. Il avait commencé en médecine, puis bifurqué en Bio. Notre projet permettait de faire le lien entre la santé, l’environnement et l’agriculture biologique. Les PAM étaient parfaites ! Ce « concret » qui nous manquait, connaitre la terre, faire pousser des choses, tout ça était très important pour nous.

Pourquoi avez-vous choisi de faire la gamme de produits actuels ? À la fois des tisanes, aromates mais également des cosmétiques ?
Parce qu’en phytothérapie, on apprend l’utilisation en interne des plantes (en tisanes, en gélules…) mais aussi leur utilisation en externe qui peut être complémentaire à l’utilisation interne. C’est-à-dire que nous proposons une tisane et une crème « jambe légère ». Cela permet d’avoir une complémentarité dans les effets que de proposer ces deux préparations.

Quels sont vos process de fabrication ?
Après avoir cultivé nos plantes, on les fait sécher dans le séchoir. C’est une pièce avec un déshumidificateur. Après on tri les plantes.

Pour les tisanes et les aromates, on fait souvent des mélanges de plantes séchées brutes avec des recettes déterminées en fonction des propriétés et des goûts que l’on souhaite donner.

Pour les cosmétiques, la base est toujours un macérât dans l’huile de Tournesol Bio. On laisse macérer les plantes pendant environ 3 semaines.

A partir de cette base (le macérât), on peut faire différents produits :

Pour des huiles de massage, on filtre simplement le macérât et selon les recettes, on ajoute des huiles essentielles.

Pour les baumes, on ajoute au macérât de la cire d’abeille préalablement fondu. On ajoute aussi de l’extrait de propolis et éventuellement des huiles essentielles.

Pour les savons solides, on fait une saponification à froid.

Pour les savons liquides, une saponification à la potasse.

Pour les crèmes, on va arrêter car le cahier des charges « Nature & Progrès » évolue. L’émulsifiant va être interdit. Pour fabriquer une crème, il faut lier une partie « eau » avec une partie « huile » et pour cela, on utilise un émulsifiant. Comme nous n’aurons plus d’émulsifiant et que l’on souhaite garder la mention, nous avons décidé de proposer une gamme « huiles » qui remplacera nos crèmes.

Pour nos futures huiles, on aura toujours cette base macérât à l’huile de tournesol Bio auquel on ajoutera d’autres huiles végétales avec des propriétés différentes.

Du coup, on va produire une partie des huiles. On met donc en place cette année de l’onagre, de la nigelle, du carthame, des noisetiers et amandiers. L’idée est qu’à terme, on produise et presse une grande partie des huiles servant à nos préparations. Les autres huiles utilisées proviendront de nos collègues des environs.

Les produits que vous ne produisez pas sont locaux ?
Oui, en grande majorité. Et c’est ce qui va être intéressant avec l’arrêt des crèmes car l’émulsifiant n’était pas local. Nous étions obligé d’utiliser aussi des conservateurs. Avec la nouvelle gamme « huiles », nous n’aurons plus à utiliser ces deux produits. Nous allons aussi pouvoir utiliser des contenants en verre alors qu’auparavant nous étions contraints d’utiliser des tubes plastiques qui permettent d’enlever l’air pour faciliter la conservation. On trouve donc beaucoup d’avantages à l’arrêt de la gamme « crèmes » car on va pourvoir, encore plus, relocaliser les matières premières.

Avez-vous pensé aux packagings et emballages éco-responsables, réutilisables ?
On commence à proposer le vrac pour les mélanges de plantes sèches (tisanes, aromates…) dans les magasins « vrac »sur demande. On peut également le faire sur certains cosmétiques comme le savon liquide. Tout ça demande un matériel adapté pour re-remplir les produits, mais ça pourrait être mis en place.

D’ailleurs, on avait jusqu’à présent une grosse contrainte : la consigne. Il n’existe pas d’usine à notre connaissance de nettoyage de consigne dans la région actuellement. Mais on n’est pas l’abris de réussir à mettre en place ce système car on a entendu parler d’un projet qui pourrait se développer d’ici quelques temps. De plus, bon nombre d’entreprises comme des brasseurs pourraient être intéressés par ce système. Donc affaire à suivre !

Du coup, où est-ce qu’on trouve vos produits ?
En vente en magasin, surtout dans le département Vienne ou Poitou-Charentes et dans les magasins Bio : Biocoop, l’Eau Vive, Marché de Léopold, dans certains magasins de producteurs comme Plaisir fermiers à Tours, Coccinelle Et Coquelicot à Angoulême, Papilles fermières à Ruffec et dans les offices de tourisme ou quelques boutiques du terroir… Quelques magasins en Charente, à Tours et dans les offices de tourismes.

Vous pouvez retrouver tous nos produits en ligne sur notre site internet et sur le réseau « la ruche qui dit oui ».

On va également dans les AMAPs (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) du coin et on vend en direct sur le domaine (pensez à passer un coup de fil avant !)

Quels sont vos futurs projets ?
On va faire de l’hydrolat pour des nouveaux produits et en particulier pour un déodorant, hyper efficace, testé et approuvé ! ­­­

C’est important pour vous d’innover ?
Oui, c’est très stimulant. Ça permet de garder une motivation intacte, ça nous booste au quotidien.

Votre leitmotiv’ dans la vie ?
Être heureux, c’est bien non ? Être le plus heureux possible.

À part les plantes, vous aimez quoi dans la vie 
Plein de choses. J’aime ma famille, mes filles, mes amis, la bonne nourriture, faire la fête et puis, je suis curieux donc j’aime bien apprendre. D’ailleurs parfois c’est un peu déprimant car il y a tellement de choses à apprendre. J’aimerai faire plein de choses mais je n’ai pas le temps.

Questions/réponses du tac au tac !

Thé ou tisane ? Tisane
Vin ou bière ? AHHH je vais dire bière parce qu’on en a fait une mais j’aime bien le vin aussi.
Vos ambitions, locales ou nationales ? Locales
Épicerie ou superette ? Épicerie
Restau Bistro, Bistronomique ou gastronomique ? Bistro mais j’aimerai bien faire des gastros

Challenge : À vous de me dire qui je dois aller interviewer !

En producteurs, le brasseur La Belette en Deux-Sèvres, Bertrand maraicher ici à Malaguet, Sylvain l’épicerie ambulante et vagabonde, Le local en vrac de Chauvigny, Lépicerie à Airvault…

Retrouvez tous leurs produits sur leur site !  À utiliser et consommer sans modération 🙂 

Vous possédez un savoir-faire en lien avec la cuisine, les produits du terroir ou l’artisanat, vous souhaitez partager votre savoir-faire et vous êtes de la région Poitou?
Alors je serai ravie de vous rencontrer 🙂